24/01/2010

Deep Run on Deep Stack

Hier soir à l´occasion d´une session sur Full Tilt, je découvre un tournoi dit "Superstack" à $10 de buy-in, doté une structure véritablement hallucinante:
- 5000 jetons de départ
- niveaux passant progressivement de de 12mn à 20mn sur la fin.
- structure progressive intégrant les niveaux de blindes 10/20, 170/340 et multiples.

Même les tournois dits "Double Stack", dont voici les caractéristiques, ne soutiennent pas la comparaison:
- 3000 jetons de départ
- niveaux uniformes de 10mn
- structure classique sans les niveaux 10/20, 170/340 et multiples

Concrètement, le tournoi Superstack, se déroule sur plus de 9h, pour un total aproximatif de 600 mains à disputer pour le vainqueur, et surtout une moyenne de chips supérieur à 100BB durant les 2 premières heures !

Pour mon premier essai, je réalise un deep run, terminant 22ème sur 2437 joueurs après 7h30 de jeu pour un gain bien sûr très symbolique de $84 si l´on compare avec le premier prix, doté de plus de $5,000.

Mon tournoi a vraiment été lancé par un très gros coup au niveau 3 (20/40) alors que je possède un stack de 4,675. Au hi-jack, je découvre une paire de 8.

Preflop: UTG+1 raise à 110. Je décide de caller. SB (5,755 chips) opte alors pour un étrange casi-min raise hors de position à 240. UTG+1 et moi décidons bien entendu de caller.

Flop: 10-8-2 avec 2 piques. Je floppe mon brelan plus un anecdotique tirage backdoor flush. SB poursuit sur sa lancée et lead 350 dans le pot de 760. Je décide de flat-call avec l´idée d´extraire plus de value sur le turn.

Turn: 7 de coeur. Ca ne change probablement rien pour SB s´il est comme je le pense à ce moment sur AK (parfois à trèfle) ou JJ+ . Il envoie alors une deuxième cartouche, mais pas très cher: 400 dans 1,460. Je suis persuadé d´être loin devant sa range et ne voit pas l´utilité de le sur-relancer pour risquer de le faire folder; j´opte donc pour un second flat-call.

River: 8 de coeur. Je touche mon carré et SB envoie une troisième salve de 2000 dans 2460. Je raise bien sûr à tapis, qu´il suit immédiatement. Je suis alors persuadé qu´il s´est empalé avec AA ou KK joué trop agressif (il aurait misé au total 115 blindes avec une simple overpaire), mais non, il montre une paire de 10 pour le full max, c´est-à-dire qu´il ne pouvait être battu que par le carré de 8 !

Si l´on se repasse le coup à l´endroit, je ne suis certes pas très fan de son improbable min-raise hors de position preflop, mais ses 3 barrels successifs prennent tout leur sens. En fait, même s´il s´était contenté de suivre preflop, il est peu vraisemblable que le coup aurait pu se terminer autrement. Grâce à ce coup, j´ai donc pu passer à 10k, soit 250 BB sur les blindes 20/40. Je réussirai à monter progressivement jusqu`à 160k en fin de tournoi en remportant notamment au passage deux coin flips cruciaux, puis un 30/70 (AJ vs AK) avant de perdre finalement AQ vs KK aux portes de la demi-finale.

Je vous encourage donc à disputer ce tournoi, proposé sur Full Tilt tous les soirs à 19h (heure francaise). Il constitue je crois une occasion unique de jouer véritablement deep stack en tournoi online pour un buy-in aussi raisonnable.

Pour conclure ce post intitulé "deep run", hier au cours de la même session j´ai terminé 14ème sur 599 joueurs sur un $5 freezeout turbo... cashant hélas seulement 6 fois le buy-initial !

05/01/2010

Berlin, Barcelone, Brest & Paris

J´ai profité du mois de décembre et des vacances de Noël pour pratiquer mon poker dans différents pays y différents types de parties.

Berlin : une profitable session de coaching

Le week-end du 5 decembre je me suis rendu à Berlin en compagnie de Llmarco (Pseudo Ultimate Bet) à l´invitation de Iceblink (Pseudo Pacific), respectivement semi-rpo et professionnel online, pour un court sejour partagé entre visite de la ville et sessions online. J´en ai surtout profité pour identifier quelques leaks de mon jeu en observant jouer ces deux sharks au ROI positif en Sit&Go et MTT a $50 inclus. Je me suis rendu compte a quel point le poker est encore plus que je ne l´imaginais un jeu de précision fait de relances chirurgicales et de recherche de la moindre value. Les sessions se sont avérées très positives autant pour moi que pour les deux sharks sus-cités.


Barcelone : EndlessMaze ITM

Le week-end suivant, j´ai recu la visite de EndlessMaze (Pseudo Winamax) et d´un autre collègue pokersitiquement plus novice. Nous avons disputé le 60 euros freezeout dominical du Gran Casino de Barcelona et EndlessMaze y a fait bonne figure, terminant ITM 13ème (comme moi trois mois plus tôt) sur 185 joueurs pour son premier tournoi live. Il semble que les catalans ont eu du mal a s´adapter au style ultra-tight de la plus grosse barre de fer du 15ème arrondissement de Paris ! Ce tournoi fut également l´occasion de faire la connaissance du sympathique Simon Legouge, bloggeur surtout connu pour avoir disputé le Chili Poker Cash Challenge en 2009 et son acolyte BenJ.

EndlessMaze (chemise blanche) en intense réflexion.

Brest : Cash-Cash

Deux petites sessions au menu : une partie privée en cash-game chez Sebastounos (Pseudo Full Tilt) en NL 20 au cours de laquelle j´ai perdu environ 1 cave ; puis un cash en NL 200 au Casino de Plouescat ou j´ai gagné un peu plus de 100 euros après avoir disputé (et perdu) un coup assez intéressant.

Le pot est relancé à 8 euros en middle position puis callé 2 fois. Je découvre KK de petite blinde et relance à 22. Je me fais suivre par deux des trois joueurs impliqués dans le coup. Le flop sort T62 tout à carreau. Sans carreau, je décide tout de même de faire un CB à 35 euros dans le pot de 70. Callé encore deux fois. La river apporte un K de carreau. Je n´ai pas hésité longtemps et ai décidé de check folder cette main qui n´avait que 10 outs pour s´améliorer en full a la river , d´autant que celle-ci apportera finalement un cinquième carreau, offrant la victoire (après que les deux joueurs restants soient partis à tapis sur la turn) au bouton avec l´as de carreau face à la dame de carreau, soit les deux meilleures mains possibles sur ce board.


Paris : ITM au Cercle Clichy

Pas de passage sur Paris sans une petite session au Cercle Clichy Montmartre où j´ai disputé le 50 euros freezeout du samedi 2 janvier en compagnie de GUM75 (Pseudo Winamax). Je termine finalement ITM en 6ème position après avoir joué presque tout le tournoi short stack.


Mon objectif pour 2010? Continuer à progresser en tournoi online comme live, en consacrant plus de temps que l´an dernier à travailler les aspects techniques du jeu.

03/12/2009

Décision compliquée sur la river


Samedi dernier, banlieue sud de Madrid. Je dispute un Sit´n´go en 6-handed, 20 euros rebuy. 3000 jetons, niveaux de 20mn. On est toujours au premier niveau, blindes 25/50 quand je recois AKs en premier de parole.


Je relance à 150 et me fais caller par UT+1 (tight passif), SB (tight agressif) et BB (loose agressif). Le pot fait 600.


Le flop sort 9TJ rainbow. Je choisis de CB à 500 et me fait suivre par UTG+1. Les blindes passent. Le pot fait à présent 1600. Il me reste 2300 jetons.


Turn: Qd. J´ai la main max mais il y a à présent un tirage couleur à carreaux. Je choisis de miser 1000. UTG réflechit longtemps, puis call. Pot: 4600. Il me reste 1300 derrière.


River: Kd. J´ai la quinte max, mais la couleur est rentrée. Je choisis de checker. UTG+1 mise mon tapis (équivalent au sien). Je n´aime pas trop ce spot, mais me résouds à payer pour les cotes. UTG+1 montre ATd pour la couleur max et me déstacke.



Analyse:


Il n´y a semble-t-il pas grand chose à dire preflop.


Sur le flop, je pense que le CB est standard, même si j´ai peu de chance de faire passer les trois adversaire sur ce flop haut et connecté. Il n´y a pas de tirage couleur et ma relance UTG alors que j´ai une image tight doit me permettre de faire passer des simples paires mal kickées. Je dois aussi faire payer les éventuels tirages. Par ailleurs, si je réussis à faire passer UTG+1, j´aurai la position pour le reste du coup.


Le turn est une excellente carte. Même si elle ouvre un tirage couleur, je pense improbable que UTG+1 ait payé sur le flop avec un simple tirage couleur backdoor. Venant de ce joueur, j´imagine surtout une main du type AQ, AJ out AT, parfois suitées. Je commets peut-être une erreur sur le turn en ne misant que 1000 dans 2300, laissant des cotes à peu près acceptables pour le tirage couleur. En fait, ayant les nuts, je cherche à maximiser mon profit car je pense que UTG+1 va trop souvent folder si je mise directement mon tapis, c´est-à-dire 2300 dans 2300; alors que j´ai de meilleures chances de lui prendre son tapis en le commitant sur le turn. Je suis donc satisfait de le voir caller cette mise.


Le roi de carreaux est évidemment une mauvaise carte pour moi (comme l´aurait été une doublette du valet ou du dix). Je dois donc redouter la couleur, et en parallèle, ma main perd de l´équité car je splitte à présente contre une main du type AQo, AJo (très probables) ou encore ATo, A9o, A8o (moins probables). Je décide de checker car je ne vais jamais me faire caller par moins bien sur un obvious board comme celui-ci.


Lorsque UTG+1 va all-in, quelle est alors la décomposition de sa range?


Parmi les mains que je bats, il n´y a plus que des bluffs : brelans, quinte basse tentant de profiter de la scary card. Total: 10%.


Parmis les mains qui me battent: AKs, AQs, AJs (probables), ATs, A9s, A8s (moins probables). Total : 30%.


Split: tous les AXo qui n´ont pas peur de la couleur puisque j´ai chécké la river. Total 50%.


Vu que je dois à ce stade rajouter 1300 dans 4600 le calcul d´équité me donne une ev positive de 635, donc le call me parait correct.


UTG+1 a-t-il bien joué le coup ? Si le call preflop est acceptable, un check-raise eût été sans doute plus profitable sur le flop pour pouvoir sortir à moindre coût avec une main dominée. Le call sur le turn est limite, mais pas absurde s´il pense pouvoir me prendre le reste de mon tapis même si le tirage carreau est complété (ce qui arriva).


Comme toujours, je suis intéressé par vos commentaires.

Pour la petite histoire, suite à ce coup, j´ai recavé puis ai remporté le SNG après avoir infligé en head´s up un petit bad beat bien sympa avec A4 vs AT alors que j´étais couvert ;-)

14/11/2009

Fin de partie en point d´interrogation pour Antoine Saout au WSOP


Tout le monde sait qu´Antoine Saout a terminé 3ème de la table finale des WSOP et qu´il a remporté $3,4 millions grâce à cette incroyable performance. Beaucoup savent également qu´il est passé près du titre en perdant QQ vs 22 à tapis preflop contre Cada en 3-handed, alors même qu´il était chip leader et que Darvin Moon n´avait toujours pas montré le bout de son nez, toujours endormi sur son massif stack de départ. On a par contre beaucoup moins commenté la main qui scelle la défaite du breton.


Main#276. Blindes 0,5M/1M. Antes 0.15M. (pot preflop 1.95M
Stacks / Cada: 88M – Moon: 60M – Saout: 41M
Cada au bouton relance à 2,5M = 2,BB avec AK.
Saout de SB envoie le tapis pour 41BB avec une paire de 8
Cada call et remporte le coin-flip avec un K river.

Cette main doit susciter au moins une interrogation :

Dans quel cas peut-on envoyer 40BB preflop après une relance standard du bouton?

Le ratio risk/reward semble particulièrement en défaveur du breton. En effet ce move lui fait risquer 41BB pour en gagner 4,5. Et dans les cas où il sera suivi, il sera évidemment au mieux en situation de coin flip. J´évalue la range de call de Moon strictement à QQ+ et celle de Cada à JJ+ et AK, peut-ètre même AQ. Par ailleurs, tenter ce move alors qu´il reste deux adversaires à parler et non pas un seul renforce son aspect kamikaze.

Si l´on analyse la situation du point de vue de la théorie des blocs, le move de Saout parait encore plus incompréhensible. En effet, Cada – qui para ailleurs est le joueur le plus loose de la table - en cas de perte du coup all-in serait resté en jeu avec tout de même 40BB, ce qui reste relativement deep et pouvait lui permettre en cas de double up contre Moon de rester actif dans la course au titre. En terme de blocs, c´est bien sûr le tapis de Moon que Saout avait intérêt à menacer. Mais même en considérant 1) que ce move aurait pu foncionner sur Moon dans plus de 95% des cas, et que 2) AK fait partie de la range de call du bûcheron du Maryland (ce dont je doute), et qu´en conséquence il existe des cas où Saout va doubler et laisser Moon avec seulement une quinzaine de BB, le coup reste très mauvais en terme d´EV.

Enfin, si l´on prend en compte l´ICM et que l´on y ajoute le gain implicite supplémentaire lié à la première place en terme de retombées contractuelles à venir pour le champion du monde 2010, on s´aperçoit que la table finale du Main Event se rapproche par certains aspects d´un SNG Winner takes All tant la différence entre la première et la seconde place est significative (on peut sérieusement imaginer un ratio de 5 sur 1).

Cette analyse ne prend pas en compte le metagame entre les joueurs en en particulier celui entre Saout et Cada qui – on l´imagine – est très important à ce stade du jeu. Saout a-t-il souhaité réaliser ce move EV- en prévision d´un coup ultérieur avec l´intention d´overbetter massivement une main où il aurait les nuts ? Etait-il fatigué (certaines rumeurs laissent penser que la soirée de la veille avait été longue et arrosée) ? Ce coup illustre-t-il tout simplement une lacune technique comme il l´avait admis après son blow-out contre Tureniec au PPT? Ses explications sont en tout cas particulièrement attendues par ses fans.

18/10/2009

Le point sur la polémique Antoine Saout


Que vaut vraiement Antoine Saout ? Cette question peut sembler absurde de prime abord au vu de la qualité des résultats enregistrés par le finistérien depuis cet été. Pourtant, il est indéniable qu´une frange significative du "milieu" pokéristique francais (et plus particulièrement parisien) ne lui reconnaît pas de légitimité particulière. Dernier exemple en date: à la très recommandable émission de radio du Club Poker, cette même question posée aux invités a généré un certain embarras. Par aileurs, chacun sait que les forums spécialisés regorgent de posts dont la tonalité varie entre scepticisme poli et franche hostilité. Et autours des bars des cercles parisiens, - où l´on sait que l´objectivité n´est pas toujours de mise -, on entend nombre de commentaires négatifs portés sur la personne de cet ex-total inconnu entré avec fracas dans le gotha du poker francais. Jalousie ou Objectivité ? Essayons d´y voir plus clair en analysant les arguments les plus souvent utilisés par les détracteurs du gambleur de Saint-Martin-des-Champs.

1) "Antoine Saout run good"

Cette hypothèse était tentante au lendemain du Main Event. On a en effet complètement oublié qu´un joueur nommé Marc Brochard avait déjà réalisé un exploit semblable (sur un field certes beaucoup plus réduit mais aussi beaucoup plus homogène) en 1998 avant de retomber dans l´oubli. Suivant cette idée, Live Poker - pourtant en général bien inspiré - n´a pas jugé utile de consacrer la une de son numéro de rentrée à Antoine Saout, lui préférant le certes excellent Ludovic Lacay, 16ème du Main Event, tant en couverture qu´en pages intérieures. Mais les semaines qui suivent vont mettre à mal cette hypothèse.

Petit retour sur l´agenda de Tonio292 aux nerfs d´acier:

Mai 2009

-> Antoine se qualifie pour les WSOP en gagnant un super-sat online sur Everest.

Juillet 2009

-> Main Event WSOP: sur un field de 6400 joueurs, il se qualifie en 8ème position pour la table finale qui aura lieu en novembre.

Août 2009

-> Barrière Poker Tour: A la Baule, devant un field réduit (une habitude chez Barrière) de 56 joueurs, Antoine termine 5ème.

Septembre 2009

-> SPT Villamoura: A l´occasion de cette étape portugaise du SPT, AS, chip-leader au terme du Day 1, termine ITM 13ème sur un field de 103 joueurs.

-> Finale PPT : Chip-leader pendant presque 3 jours, Antoine, au terme d´une main controversée qui l´a opposée à Michael Tureniec, termine encore une fois ITM, 30ème sur 261.

-> WSOP Europe: Invraisemblabe back-to-back d´Antoine qui réussit l´exploit de se qualifier pour la table finale du pendant européen du Main Event des WSOP devant un field relevé de 332 joueurs. Il terminera 7ème. [A noter les coïncidences suivantes tout à fait étranges: en plus de Saout, James Akenhead, autre November 9, s´est également qualifié pour cette finale (bravo au passage au magazine Bluff Europe qui lui avait consacré sa une dès le mois de mai!). On y a retrouvé aussi Barry Schulman, qui n´est autre que le père de Jeff Schulman, qui disputera la finale du Main Event en Novembre !... ]

Octobre 2009

-> WPT Marrakech: Antoine termine une nouvelle fois ITM, 40ème sur un field de près de 400 joueurs.


Il me semble que les deux seuls tournois (en dehors des éventuels sides) où Tonio292 n´ait pas terminé ITM depuis le mois de juillet aient été les deux EPT de Barcelone en Septembre et de Londres début Octobre.

Soit un total complètement hallucinant de 6 ITM sur ses 8 derniers tournois live, dont 3 tables finales. Sans même prendre en ligne de compte ce dernier aspect, quell eest la probabilité pour qu´un joueur random réalise 6 ITM sur 8 tournois disputés? Réponse: moins d´une chance sur 100.000. Quelle est la probabilité pour arriver en table finale des deux Main Event des WSOP(E) la même année? Moins d´une sur 1000.

La conclusion est simple: il faut être soit très mauvais en calcul, soit particulièrement de mauvaise foi pour continuer à prétendre que les résultats d´Antoine Saout seraient dûs à de la chance. C´est aujourd´hui tout simplement mathématiquement impossible.


2) "Antoine Saout est prétentieux"

Antoine Saout n´appartient à aucune chapelle. "Il n´a pas la carte", on dirait dans le monde de la presse. Lors de son irruption sur la scène internationale, Antoine n´était ni un membre historique de Club Poker, ni un wameur, ni un régular des cercles parisiens, ni un joueur sponsorisé. Doté d´un naturel discret et calme, il n´a pas la tchatche et le sens de la répartie des joueurs médiatiques. Il faut en réalité connaître cette région rugueuse qu´est le Nord-Finistère pour appréhender la psychologie de Saout: là-bas les gens y sont traditionnellement directs et francs - au risque parfois de brusquer -, humbles mais détérminés et totalement étrangers à l´esbrouffe, l´impulsivité et à la frime. Dans ce contexte, beaucoup ont particulièrement mal interprété ses commentaires au micro de Winamax le soir même de sa qualification pour la finale des WSOP: "Je n´ai pas trouvé le niveau terrible". S´il a en effet exprimé des doutes sur le niveau d´un field que tous les spécialistes s´accordent à qualifier au minimum de très hétérogène; il serait honnête de préciser la suite de ses commentaires, où il estime que les fields EPT sont relevés et vont lui permettre de faire progresser son poker.

L´une des clés du personnage réside peut-être dans cette déclaration passée presque inapercue: "Pour moi, le poker n´est ni un loisir ni une distraction". Je m´en étais apercu.

En guise de conclusion, je vous fait part de ma conviction profonde: l´irruption d´Antoine Saout est un phénomène pokéristique de première importance et je n´hésite pas à le situer - en ce qui concerne le poker de tournoi live - tout près d´Elky, Arnaud Mattern et Ludovic Lacay dans le groupe des meilleurs joueurs francais. C´est-à-dire bien au-dessus de tous ses détracteurs.

07/10/2009

Bilan provisoire sur FullTilt

Cela fait exactement 8 mois que j´ai décidé de jouer exclusivement sur FullTilt en me centrant sur les SNG. Mon objectif était de monter une bankroll qui me permette de jouer des SNG à $20. Le bilan est plutôt mitigé. Je joue aujourd´hui essentiellement des SNG 'a $5, avec un ROI positif à cette limite, mais qui ne me permet pas pour l´instant de passer aux niveaux supérieurs. Je pense avoir progressé au fil de ces 2500 parties jouées essentiellement en multitablant 12 puis 9 puis 6 tables. Mais j´ai également remarqué que le niveau général des adversaires monte également très vite. Le graphique ci-desssous décrit l´évolution de mes résultat au fil du temps.


Le résultat est positif de $84. On note que le ROI global est vraiment faible (environ 3%), surtout en raison d´une première phase de 1000 SNG perdante à -$100 avant ensuite de regagner un peu moins de $250 en 1500 parties. J´évalue le ROI des 1500 dernières parties à environ 6%, ce qui reste relativement marginal. Je continue de jouer sans tracker, je ne sais pas si c´est une grosse erreur ou non; je pense que je devrais de toute facon avoir un edge clair à toutes les limites précedemment mentionées sans l´aide de ce type d´outil.

Ce que j´ai changé dans mon jeu depuis le début de cette phase:
- je ne joue plus AJ ou AQ - suited ou non - en début ni même en milieu de parole preflop.
- je relance une partie beaucoup plus importante de mes boutons en vol de blindes.
- d´une manière générale, je privilégie le jeu en position.

Il reste certainement de nombreux leaks dans mon jeu, mais ils restent pour l´essentiel à découvrir. L´un d´entre eux est, je crois, ma facon de jouer les tirages, où je ne suis pas parvenu à trouve le bon équilibre en fold / call et raise en position ou non.

Pour faire un bilan comptable fidèle, il faut également prendre en compte :

- $69 perdus dans les quelques (27) MTT auxquels j´ai participés. Ce chiffre n´est bien sûr par significatif vu le très faible numeros de tournois joués.

- $202 gagnés en rakeback (deal à 27%)

- $125 de bonus de bienvenue (équivalent premier dépôt)

- $30 de bonus de parrainage.

Soit un total exact de + $372.


Mes objectifs pour fin 2009:

1) M´installer aux SNG à $10. Pour cela, monter de $84 à $500...

2) Me centrer en parallèle sur les MTT à basse limite et obtenir un ROI positif aux limites comprises entre $1 et $3.

A noter que, depuis environ 500 parties, une partie significative des SNG joués l´a été en configuration 18, 27 ou 90 joueurs; ce qui me permet de glisser peu à peu de la philosophie SNG à celle propre aux MTT.

Prochain bilan fin 2009.

05/09/2009

Field de qualité à l´EPT de Barcelone

En compétition cette année avec la finale du Partouche Poker Tour et le WPT chypriote, l´EPT de Barcelona, s´il n´est plus le rendez-vous incontournable du début de saison des autres années, n´en demeure pas moins un événement de choix capable d´attirer un field incroyablement relevé.

Apercus par exemple aux tables entre hier et aujourd´hui (day 1A & 1B): les champion et vice-champion du monde en titre Peter Easgate et Ivan Demidov,

Peter Eastage et Daniel Negreanu

Ivan Demidov

le tenant du titre Stefan Ruthenberg, des stars internationales telles que Arnaud Mattern, Daniel Negreanu, Elky, Dario Minieri, Marcel Luske, Scotty N´Guyen, Michael Mizrachi, David Williams, Roland de Wolfe, Freddy Deeb,

Boris Becker et Elky

avec Arnaud Mattern, à présent dans la team PokerStars pro France

des challengers de haut niveau que sont Mike McDonald, Johnny Lodden, Dragan Galic, Davidi Kitai, Lex Veldhuis, des people comme Patrick Bruel, Boris Becker et Kool Shen. Et l´énigme du moment, le ténébreux Antoine Saout.

Antoine Saout (AS) et Patrick Bruel (p14b)

Le finaliste francais du Main Event des World Series 2009, a littéralement spewé sa finale du Partouche Poker Tour hier après-midi à Cannes en allant s´empaler pour un total de 110 BB avec une simple paire contre la couleur river de Michael Tureniec, réduisant à néant un chip-lead quasi-permanent depuis le début du tournoi. On l´a dit en tilt, particulièrement frustré de ce move dramatique. Eh bien le morlaisien a pris immédiatement la direction de Barcelone pour se présenter aujourd´hui au day 1B de l´EPT. Et d´après ce que j´ai pu voir; il n´est pas venu pour plaisanter. Le regard sombre et les traits tirés, d´un calme presque inquiétant, le gambler de St-Martin-des-Champs n´a pas tardé à s´engager agressivement dans des coups toujours longball. Par exemple en valuebettant (avec succès) toutes les streets avec QT sur un board QT5-2-K dans un pot limpé puis 3-betté par son adversaire pre-flop. "Je savais qu´il avait les As". Bien vu. Et ce coup contre Patrick Bruel: AS calle au bouton et p14b relance en SB. BB se couche et AS calle. Flop Q22. Bruel mise, AS calle. Turn 7. Bruel envoie un deuxième barrel, tandis qu´AS le sur-relance. Fold de Bruel. AS montre alors ATo. Le regard est dur et le message clair; le poker selon Antoine Saout - intense et intimidant - est tout sauf une partie de plaisir.